Caoutchoucs et joints de votre toit décapotable : pourquoi leur souplesse vous garde au sec
Parmi toutes les pièces d’un toit décapotable, les caoutchoucs reçoivent le moins d’attention alors qu’ils peuvent provoquer le plus de dégâts. Non pas parce qu’ils sont chers, puisqu’un produit d’entretien ne coûte que quelques dizaines d’euros, mais parce que les conséquences d’un manque d’entretien n’apparaissent que bien plus tard, et souvent ailleurs.
Un de nos clients l’a résumé très simplement : si vous avez un cabriolet avec beaucoup de joints et que vous voulez rester au sec, des caoutchoucs souples sont la première condition. C’est exact, et leur rôle va bien au-delà de l’étanchéité.
Ce qui se passe lorsque le caoutchouc se dessèche
Le caoutchouc contient des plastifiants. Sous l’effet des UV, de la chaleur et du temps, ils s’évaporent lentement. Le matériau restant devient plus dur, plus court et plus poreux qu’à l’origine. Cela entraîne quatre conséquences qui se renforcent mutuellement :
- Il n’assure plus l’étanchéité. Un caoutchouc dur ne s’adapte plus correctement à son logement. L’eau trouve alors un passage.
- Il colle. Le caoutchouc desséché adhère à la peinture et au verre. Lors de l’ouverture du toit, il s’arrache, parfois littéralement, et peut même emporter un morceau de peinture.
- Il augmente l’effort demandé au toit. Un caoutchouc qui colle ou se coince demande davantage de force. Cette force doit être fournie par le système hydraulique. Un toit qui travaille pendant des années contre des joints collants sollicite inutilement la pompe et les vérins.
- Il gèle en hiver. L’humidité qui pénètre dans un caoutchouc poreux puis gèle fissure le matériau de l’intérieur. C’est pourquoi les dégâts sur les joints ne deviennent souvent visibles qu’au printemps.
Et le vrai problème : l’eau
Un toit décapotable qui fuit ne provoque pas seulement un siège mouillé. L’eau cherche le point le plus bas et, dans un cabriolet, l’électronique se trouve souvent à cet endroit. Modules de toit, calculateurs et capteurs sont régulièrement installés dans le coffre ou sous la banquette arrière, précisément là où l’eau finit par arriver. Les dégâts d’eau sur un module de toit font partie des pannes les plus coûteuses que nous rencontrons, et la cause est presque toujours, rétrospectivement, un joint à quinze euros.
Les canaux d’évacuation jouent également un rôle. Un toit décapotable n’est pas étanche au sens où aucune eau ne peut jamais y pénétrer ; il est conçu pour évacuer l’eau par des canaux de drainage. S’ils sont bouchés par des feuilles et de la saleté, l’eau prend la mauvaise direction, même si vos joints sont en parfait état.
À quelle fréquence faut-il le faire ?
Deux fois par an est une bonne règle générale :
- À l’automne, avant les premières gelées. C’est le traitement le plus important. Un caoutchouc souple ne gèle pas en position et ne se déchire pas.
- Au printemps, après l’hiver. Pour réparer les effets du froid et vérifier si des fissures sont apparues.
Si la voiture reste souvent dehors en plein soleil, vous pouvez le faire plus fréquemment. Les UV sont le principal ennemi du caoutchouc.
Comment procéder
- Nettoyez. Appliquer un produit d’entretien sur un joint sale emprisonne la saleté. Utilisez de l’eau tiède et un chiffon doux, et pour les salissures tenaces un shampoing automobile doux. N’utilisez pas de nettoyants agressifs ni de solvants : ils extraient justement les plastifiants du caoutchouc.
- Laissez sécher. Complètement. Un produit d’entretien adhère mal sur un caoutchouc humide.
- Appliquez le produit. Traitez tout le joint, y compris le dessous et les plis. C’est précisément dans les zones invisibles que le caoutchouc est le plus sollicité.
- Laissez agir puis essuyez l’excédent. Une couche épaisse qui reste en surface attire la poussière.
- Actionnez une fois le toit. Cela répartit le produit sur les surfaces de contact.
- Dégagez les canaux d’évacuation. Cela fait partie de l’entretien. Contrôlez les évacuations dans le logement du toit et près des articulations, puis retirez les feuilles et saletés.
Quel produit utiliser ?
Il existe une différence entre les produits qui nourrissent le caoutchouc et ceux qui le rendent simplement glissant. Les deux fonctions sont utiles, mais pas toujours avec le même produit.
- Pour nourrir les joints et les maintenir souples, utilisez un produit spécialement conçu pour l’entretien du caoutchouc. Nous proposons notamment Rubber Care et le Gummi Pflege Stift ; ce dernier est un applicateur qui permet de travailler précisément le long des joints, ce qui est pratique dans les zones difficiles d’accès. Vous les trouverez parmi nos produits d’entretien.
- Pour le toit lui-même, en tissu ou en vinyle, il faut un autre produit. Un kit d’entretien RaggTopp nettoie et imperméabilise la toile sans endommager sa couche de protection existante.
- Pour le mécanisme, les glissières, charnières et rails, utilisez un lubrifiant et non un produit pour caoutchouc.
Ce qu’il ne faut pas utiliser : du spray silicone partout. Le silicone rend le caoutchouc temporairement brillant et glissant, mais il ne le nourrit pas et peut compliquer l’adhérence de traitements ultérieurs ainsi que les réparations de peinture ou de vitrage. Évitez également la vaseline et les huiles ménagères : elles attaquent certains types de caoutchouc.
Les zones à contrôler
Inspectez les endroits suivants, même si vous n’avez pas de fuite :
- Le joint au-dessus du pare-brise, là où le toit se ferme.
- Les joints latéraux le long des vitres de portière.
- Le joint autour de la lunette arrière.
- Les caoutchoucs autour du couvre-capote ou du coffre.
- Les passe-fils et passe-conduites en caoutchouc.
- Les canaux d’évacuation dans le logement du toit.
Lors du contrôle, recherchez des fissures, des zones dures ou vitrifiées, du caoutchouc étiré ou qui ne reprend plus sa forme, ainsi que des traces de collage.
Le calcul est vite fait
Deux entretiens par an vous prennent environ vingt minutes et nécessitent l’achat d’un produit autour de vingt euros, qui dure plusieurs années. Ce que cela permet d’éviter : une fuite qui atteint le module de toit, des joints à remplacer et une pompe qui a travaillé pendant des années contre une résistance supplémentaire.
Parmi toutes les opérations préventives sur un cabriolet, celle-ci offre l’un des meilleurs rapports entre effort et résultat.
Quand remplacer plutôt qu’entretenir ?
L’entretien ne répare pas un caoutchouc déjà endommagé. Le remplacement est nécessaire en cas de :
- fissures visibles sur toute la largeur
- caoutchouc comprimé de façon permanente et qui ne reprend plus sa forme
- parties décollées de leur support
- joint qui continue à fuir après traitement
Pour de nombreux modèles, les joints sont disponibles séparément dans notre gamme de pièces détachées.
Vous ne savez pas quel joint il vous faut ou vous hésitez sur le bon produit d’entretien ? Contactez-nous, nous vous aiderons volontiers.